Once, l’application de rencontres dédiée au “slow-dating” a décidé de supprimer les préférences d’ethnicité des profils de ses utilisateurs. Une décision qui suit celle, similaire, de Grindr.

En août 2018, The Independant publiait une enquête sur le racisme très présent dans les applications de rencontre. En parallèle du mouvement Black Lives Matter, des applications de rencontre ont décidé de supprimer les préférences d’ethnicité des paramètres de recherche de leurs utilisateurs. C’est le cas, mardi 23 juin, de Once, application de “slow dating”, qui a pris le contre-pied du “swiping” intensif incarné par des applications comme Tinder.

D’après Once, jusqu’alors, environ 25% des utilisateurs de l’application indiquaient sur leur profil leur ethnicité, et 9% mentionnaient une préférence de rencontre liée à l’ethnicité. La suppression de ces critères, qui sont monnaie courante dans le dating et proposés sur la quasi-totalité des acteurs du marché, entend éviter d’éventuelles discriminations par le biais des préférences. A partir d’aujourd’hui, les paramètres liés à l’ethnicité disparaîtront des profils et préférences des utilisateurs de Once.

“Nous soutenons une utilisation bienveillante de la technologie pour faire des rencontres amoureuses et ce type de fonctionnalité a pu contribuer à alimenter le racisme ordinaire qui, aujourd’hui, est porté sur le devant de la scène. Il nous a semblé naturel de contribuer à notre échelle par cette première étape en supprimant cette fonctionnalité”, a ainsi expliqué  Clémentine Lalande, directrice de Once.

En juin, c’était l’application Grindr, très prisée notamment des personnes homosexuelles, qui avait pris cette décision. “Nous allons continuer à combattre le racisme sur Grindr, aussi bien à travers un dialogue avec notre communauté que par une tolérance-zéro contre le racisme et les discours haineux sur la plateforme et en-dehors”, avait expliqué Grindr sur son compte Twitter. Car outre ce paramétrage, Grindr est souvent pointée du doigt comme espace virtuel où de nombreux messages et contenus racistes circulent.

La fin des critères d’ethnicité apparaît comme la première pierre à l’édifice de la lutte anti-raciste sur les sites de rencontre.  “D’autres étapes sont nécessaires, et ce dans toute l’industrie. Notamment sur la détection de contenus, messages ou descriptions de profils à tendance raciste, qui sont légions sur certaines apps, ou encore sur les algorithmes qui déterminent les rencontres sur les applications”, a ajouté Clémentine Lalande.